26.06.2008

Seule avec l'été




J'ai marché, monté la pente du pré, bombé comme le front d'un jeune enfant. Plus loin, la forêt s'interposait déjà, offrant aux regards la racine dense d'une chevelure de chênes dont le vert plus foncé annonçait l'été.
Un instant l'existence fut surplombée.
La pluie brève, épaisse, m'a surprise, seule, devant le soleil qui se couchait, monnaie d'or reprise par le temps qui sait comme chaque jour est un prêt.
Je suis restée là-haut, dans le vent chaud et froid, sur ce plateau décivilisé, seule avec l'été.
Et je scrutais mon coeur pour savoir si j'aimais encore quelqu'un à cet instant. Non, pas quelqu'un, car j'étais trop apaisée pour avoir besoin de dire un amour limité à deux yeux touchants, à une voix chérie. J'aimais trop pour offrir ce baiser empoisonné d'amour humain, ce lien qui isole tant ...
C'était Dieu qui était tout mon amour, et dire son nom, c'était comme accepter toute l'humanité.
Alors, ne sachant plus en quel coeur étranger me perdre, ayant opté pour l'amour inconditionnel qui ne blesse jamais à mort mais à vie, j'ai prié, le nez enfoncé dans un oreiller de prairie, la peau zebrée d'étoiles, des bleuets écrasés sous ma joue, ne souhaitant d'autre cathédrale que les hautes herbes lasses et pâles du champ fané, d'autres vitraux que les bleuets mêlés aux coquelicots défaits, voiles rouges dans un océan de marguerites qui m'écoutaient, blanches et calmes comme des Carmélites.

21.06.2008

C'est fini ...



coeur-brise.jpg










Chers internautes (et éventuels téléspectateurs),
Les choses étant ce qu'elles sont, pour reprendre une formule Gaullienne fort utile en la circonstance, l'émission qui "hébergeait" mes envolées poétiques, Art et Culture, disparaitra en septembre de la grille des programmes ... "Sic transit ...",  vous connaissez la suite.
Ceci explique le visuel kitchissime qui illustre cette note, si étrange dans ce blog au style naguère (encore un terme très Gaullien) irréprochable.
Je remercie donc, comme il est d'usage, KTO TV d'avoir accueilli une rubrique de poésie, meme fugace. Cela constitue en soi une vraie prise de risque (pour parler comme un pro de la com').
Merci aussi aux (very very few) happy few qui ont suivi cette émission. A la louche, ça doit faire, hum ... 4 personnes ?
car quoi que je fasse, c'est toujours en minoritaire (les stat de la Légende de Saint Paria sur un Référenceur de ventes de livres placent les ventes de cet opuscule à un niveau équivalent à la valeur maximale de l'isotherme de Vladivostock en janvier ...).
Bref, poètesse inconnue, maudite et invendue (et maintenant virée de la télé... comme PPDA, me direz-vous !), je m'accorde un quart d'heure d'apitoiement sur moi. Allez, concédez le moi, soyez gentils :

"Je cesse d'accuser, je cesse de maudire,
Mais laissez-moi pleurer",
comme disait Totor en son temps
* !!

Plaisanterie à part :
- Donnez des sous à KTO qui en a besoin (pour "garder" des gens comme moi, par exemple!). Allez, hop ! Soutenez le KTO-THON. Et au trot.
- ACHETEZ LA LEGENDE DE SAINT PARIA !!
- ACHETEZ PARIS D'EGLISE EN EGLISE !!

A très vite ....
PS : Ce n'est pas le temps qui manque en ce moment mais l'inspiration... j'essaierai de pondre un poème d'ici la fin du mois...
 
* Victor Hugo, dans "A villequier", bande d'incultes !