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05.10.2006

Chant des trois vertus

NB : La charité est l'une des trois vertus théologales, à l'instar de la foi et de l'espérance.
Depuis longtemps, sur les traces de mes glorieux aînés, ma ferveur intérieure (hélas trop peu suivie d'effets concrets ... mais gardons cela pour le confessionnal!) me pousse
à leur consacrer un poème. Enfin entamé, en voici le premier volet, tout tiède de cette "nuit d'octobre" (non, je ne me prends pas pour Musset!).

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Charité 

Toi qui panifie les esprits,
Tes mains ouvertes sont blanches et blondes de pain,
Et dans tes paumes se pavanent des épis,
Et le long de tes doigts, mûrissent des raisins.

Charité, je n'ose lever mes yeux vers toi,
Et pourtant si j'osais ... je serai réchauffée,
M
ême en février, lorsqu'il fait si noir et froid,
Que chaque journée semble une nuit délavée.

Si j'osais ... je verrai ta bouche, mi-ouverte,
Une grenade pourpre accouchant de tes dents.
Si tu parlais, tes mots seraient un miel coulant,
Et ta salive éclatante, un jus de planète.

Tes bras sont des arbres africains, ces palmiers
Dont l'aubier se pétrit en brioches candides.
A leur saignée affleure un flot de sève acide
Et douce dont on fait la mélasse sucrée.

O charité, tes seins, pleins et tendres, qui semblent
Ne pouvoir se tarir, ont plu des pleurs lactés
Cueillis de la moue rose où des gazouillis tremblent
D'enfants dont les bras sur ton cou font un collier.

Charité, tes jambes sont des ch
ênes de chair,
Et tes genoux la nef voguant au pays lisse
Du sommeil, très loin du mal et de la colère.
Où les affamés et pourchassés se blottissent

O Jésus, O Marie, donnez-moi sur la terre
De reconnaître en chacun le frère ou la soeur
A qui offrir ce qui console sa misère,
La clef de charité qui ouvre tous les coeurs.

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