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21.01.2008

A l'absent

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Giotto (détail. Capella degli scroveigni, Padoue)


Puisqu'il dort maintenant où dorment les étoiles,
Où mûrissent, à l'abri du bien et du mal,
Dans les prairies du ciel des épis de prières,

Puisqu'il ne posera sur moi ses mains si chères,
Qu'au jour où tous les jours seront passés sur Terre
Lorsque retentiront les trompettes finales,

Malgré mon âme en pleurs et mon coeur qui se serre,
Malgré ce que je sais, la certitude amère,
De voir tous mes aimés un à un, père et mère

Frères et soeur, époux, amis, graves et pâles,
Etendus pour jamais après le dernier râle,
Ainsi que des gisants, glacés jusques aux moelles,

Malgré l'omniprésente absence délétère,
Malgré la rébellion qui couve dans mes nerfs,
Quand je songe à ses yeux fermés dessous la pierre

Je dois trouver en moi une part qui espère,

Et je prie. Que là-haut, où germent les étoiles,
Là où se moissonnent, loin du bien et du mal,
Les espoirs des vivants en bouquets de prières,

Là où, tout près de vous, dans vos bras, o mon Père,
Les âmes des vivants aux absents se dévoilent,
Faites que la mienne lui soit un livre ouvert,

Où tout ce que j'ai tu enfin soit découvert :
Ma tendresse infinie et mon amour filial.



 

Commentaires

Merci de partager ces mots...Très beau poème...!!!

Bonne continuation... !!! (^_^)

Ecrit par : wuday | 25.09.2006