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10.09.2006

La chanson de Saint Barthélémy

Nous portons tous, Barthélemy martyrisé,
Notre vie entière sur notre épaule,
Comme toi ta peau arrachée.

Elle est là, cette enveloppe en bandoulière,
Comme un sac de marin ou quelque gibecière.
Des oiseaux captifs se débattent en cette geôle.

Ce sont nos propres rêves,
Ceux auxquels nous ne croyons pas,
Car il faudrait parler la langue de la Foi,
Quand l'Envie nous tient sous sa loi,
L'Envie hideuse et brève.

Nous sommes des chevaliers errants
Persuadés d'avoir des souliers cloutés de néant.
Mais parfois des ailes aux pieds nous poussent,
Comme ces fleurs inattendues aux lèvres des mousses,
Et notre coeur bruit alors comme un moulin à vent
Qui retrouve en sa meule un grain d'épeautre rousse.

Nous revient alors un coeur ancien et neuf,
Qui connait l'idiome des anges,
Des statues et des tableaux de Michel Ange,
Des chants de Villon et de Rutebeuf.

Et l'on sourit alors aux montagnes,
Que du mouvement par grandeur d'âme on épargne,
On sourit aux tout petits, dont les mains
Sont couleur de la rupture du Pain.

Et le rêve à nouveau en nous lève,
A nouveau, le vin nouveau est pressé,
A nouveau, l'âme est toute en sève,
Et le lit du miracle en nous est apprêté.

Extrait de La Légende de Saint Paria (téléchargeable sur ce site)

Commentaires

Bravo Muriel pour ces doux de moments de poésie, c'est touchant, bien écrit et émouvant...
Au plaisir d'avoir ton recueil publié entre les mains...

Ecrit par : Orianne | 14.09.2006

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