21.04.2008
En mai sur KTO TV
Tout d'abord, Philippe Mac leod ;

Ce très grand et profond poète contemporain, né au Maroc en 1954, nous livre une oeuvre splendide de simplicité, qui se conçoit comme un "poème-pélerinage", à découvrir notamment dans son dernier livre, paru ce mois-ci chez Ad Solem, l'Infini en toute vie.
Les Pyrénées en sont le théâtre, et la recherche de Dieu se conquiert comme un sommet.
A méditer, tiré d'un recueil publié en 1997, chez le même éditeur, ce vers où le Suprême Patriarche dit au serviteur qui le cherche :
"Je t'ai donné mon bâton qui ne peut accomplir que ton propre miracle” ("Au milieu de la nuit”).
Puis, nous finirons avril avec Francis Jammes, poète faussement rural ...
Jammes croqué par Guitry Sa poésie proche de la nature traduit en réalité une proximité avec le Créateur qui manifeste sa présence partout, de la simple tige de menthe à la bête de somme, notamment au travers de ces ânes omniprésents dans l'oeuvre du poète en tant que témoins de la simplicité et de l'humilité dont tout disciple de Jésus doit s'inspirer. Je remercie chaleureusement à cette occasion l'association Francis Jammespour son aide précieuse, lors de la rédaction de cette chronique, que j'ai pu illustrer grâce aux visuels qu'elle m'a fait parvenir.
20:26 Publié dans Chroniques sur KTO TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kto tv, poésie chrétienne, francis jammes, philippe mac leod
19.03.2008
Ce vendredi Saint, dans 20 minutes
A ne pas rater, ce Vendredi Saint, un article sur le 20 minutes Paris, dédié à Paris d'église en église.
Nous attendons également, d'ici une dizaine de jours, un article dans Fémina (le supplément diu Journal du Dimanche), ainsi que d'ici trois semaines une présentation dans Valeurs Actuelles.
15:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.03.2008
A suivre, sur LCI
A suivre ce jour à 13h15, ainsi que Vendredi à 11h10, ainsi que samedi 15 et dimanche 16 mars à 14h25 (on dirait des horaires de train !!), une présentation de "Paris d'église en église", par Valérie Expert, sur LCI, dans son émission littéraire.
Merci à elle de ce coup de pouce médiatique !
11:11 Publié dans Critiques et opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris d'église en église, émission littéraire
27.02.2008
Cette semaine dans ARTS MAGAZINE et POINT DE VUE IMAGES DU MONDE
A découvrir cette semaine dans vos kiosques une interview d'Aline Dumoulin, auteur de PARIS d'ÉGLISE EN ÉGLISE, livre auquel ont collaboré Jérôme MAINGARD, Alexandra ARDISSON, Seydou- Bernard TALL et moi-même.
Commentaire du journaliste d'ARTS MAGAZINE : "copieux et exhaustif", l'ouvrage "vous donne une irrésistible envie de partir à la découverte de ces trésors (les oeuvres d'art que recèlent les églises, n.d.l.r) souvent ignorés".
A lire également dans le numéro de cette semaine de POINT DE VUE IMAGES DU MONDE, dans un article intitulé "les cent clochers de Paris", ces quelques lignes : "Agréablement illustré, cet ouvrage est l'indispensable bible de ceux qui veulent découvrir le patrimoine religieux parisien."
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26.02.2008
L'exil
A l'affût de mon ombre et chassée par mes pas,
Comme si l'ombre m'avait volée,
Chasseur aux yeux ronds et peureux de gibier,
Dans la ville aux recoins envahis par les chats,
L'espoir au caniveau, jeté sur les fruits blets,
Fuyant les huis du bourg et ses noirceurs de soutes
Où le sens desquame des mots comme une croûte,
Courant, ne désirant plus que ce qui se tait,
L'âme nue, dévêtue de leur fraternité,
De l'espèce où je suis comme un homme à la mer,
Un vieux quignon de vie rongé par mon coeur fier
D'être seul pour jamais, et de le désirer...
Avec l'envie d'aimer, et de cracher aussi,
Avec un appétit de glaciers, de clarté,
Et cette faim de petits riens de l'évadé,
Avec un coeur qui se craint comme un ennemi,
Avec l'exil et mon passé décapité,
Avec mes traditions mortes fêtes par fêtes,
Avec mon pays de champs, de foudres et d'oiseaux
Ma terre aux carnations de bois et de ruisseaux,
Ma patrie de pluie bleues enchantées de fauvettes,
Petite France, fillette et mère chérie
Petite France grande de tous tes parvis,
Ma Rose de rosace, ma brune paysanne,
France blondie de blés dans l'été qui se fane,
Ma France neuve de tes vingt siècles, jeunette,
Ma France pointue de mille clochers sans messes,
Que les hirondelles bleu ardoise confessent,
Ma France fille du pain frais et des mouillettes,
France coiffée de bleuets, mariée en juillet
Dans l'autel des prés à ce jeune poilu,
Cet enfant qui mourra car l'Alsace est perdue,
Et que pleureront chaque automne les mûriers,
Ma France, tes villes, insectes électriques
Où l'on fait des rêves taillés dans du pavé
Si lourds que l'humanité ne peut les porter,
O France qui se meurt de rêves technocratiques,
Ma France et tes brouillards d'hermines en novembre
France aux noëls rouillés par les rues mercantiles...
Paris, ta Tour Effel, gitane qui se cambre
Sur la Seine dont la muleta fend la ville,
Ma France où la Loire, sirène jaune et tendre
A filé ses cheveux aux fuseaux des châteaux,
Où la Seine bleue laisse tomber de sa cendre
Sur Paris, en noyant dans l'absinthe son eau,
Ma France, lac d'histoire où naît l'avènement
Par capillarité de tes générations,
Où princes et frondeurs trempent le sédiment
D'un peuple amant des rois et des révolutions,
Ma France au sceptre du même fer que les faux,
Au roi frère du poète par l'échafaud,
Ma France aux grottes bleues imbibées de miracles,
Où reines saintes et bergères hâtent l'oracle,
Ma France aux blessures saignantes, innombrables,
Aux bourgs incendiés jusqu'au dernier nourrisson,
Et qui fument encore du crime abominable,
Sans que l'assassin n'ai reçu de punition ...
Ma France toute nue dans sa robe des champs,
Où le ciel a tiré les bois par les cheveux
Qui crient par les gorges des oiseaux y nichant
Ma France aux blés baisés de mille bleuets bleus,
Loin de toi, loin de tout, nomade sans chemin,
J'ai jailli, comète rejetant son orbite,
Hébétée par ce jour cloué à son zénith,
J´ai jailli dans la nef, front bas, la haine aux poings !
O le seul havre de frais, de froid, de noir,
L´archipel où pleurer des larmes enfantines !
L´enclave d´ombres où les marbres, médecines,
Ont soigné mon front ridé de fièvre et d´espoirs,
Eglise ! Maison éternelle, car sur Terre
Sans fin le désespoir défie l´espoir humain,
Ces rives opposées d´une même rivière
Eglise ! Tu m´as tendu les cierges de ses mains !
Humble église râblée, taillée pour l'âme humaine
L'âme qui faufile patiemment sa prière,
Pour broder d'un point d'or le lin gris de la peine,
L'heure séculaire de la vie ordinaire,
J'ai pu prier chez toi, attaquer ce vieux mur,
Le temps moisi de trop servir, le temps usé,
Dans l'heure où je croyais que Dieu s'est absenté
J'isolai la ferveur, le filon de foi pure ...
Dans le coin le plus sombre, agenouillée, infime,
Ma prière a cligné son oeil humide et pur
Vers la rosace bleue et leurs iris d'azur,
M´ont tiré de la peur, la quotidienne abîme ...
Dans l'église semée de glaïeuls et de lis
Simples, blancs et courbés comme des fleurs des champs,
Des roses ont fleuri dans l'humus de l'office,
Des roses invisibles qui sentent l'encens ...
Dans la petite église où les meubles sont maigres,
Sculptés dans le bois brun, têtu, d'un arbre ermite,
Dans l'église où la foi sédimente les rites,
Où le matin les chants perforent le froid aigre,
Dans sa nef, près de ses statues d'humble facture,
Dont les mains comme celles des gens besogneux
Carrées par le labeur, toutes cornées et dures,
Murmurent, tenaces, leurs cantiques ligneux,
Veillée par ces statues, aux pieds de notre Dame,
Dans la petite église, jeune comme une aïeule
Qu'avec le nourrisson la mère a laissé seule,
J'ai enfin retrouvé le toucher de mon âme.
Et j'ai pu respirer, liée à mon âme-mère
D'un cordon de cantiques ! J´ai regagné mon lit,
Dans l'église où l'on peut redevenir petit ...
Quel bonheur ! Ce n'était donc pas tout, cette Terre !
J'ai quitté cette apnée qu'est la vie sans sacré,
Dans la nef où s'arrime un fragment frais de ciel,
L'oeil lavé de la poix fausse et vraie du réel,
J'ai prié l'enfant pauvre et le dieu nouveau-né :
" Ah ! Seigneur ! Toi qui peux recomposer le temps
Au sablier sans fond de ton éternité,
Toi qui naît chaque hiver et meurt chaque printemps,
Qui parcours en trois mois tes trente-trois années,
Petit Enfant suivi, dans ta crèche paillée,
D'un troupeau d'étoiles, paissant les prés du ciel,
Et que la comète pastourelle a mené
Au chevet d'un roi nu, faible comme une agnelle ...
Ah, mon enfant d'hiver et qui tète sans cris
Une Vierge pâle, d'où sourd un lait miellé,
La Vierge dans la joie mais qui sait son sursis,
Le glaive de douleur qui viendra la percer !
Torturé volontaire, captif de ce jardin
Qu'un bleu nuit imbibait dans la veillée funèbre
Où tous ont sommeillé, hormis les assassins,
Menés par celui qui trahissant te célèbre,
Sauve-moi ! Infime point de tapisserie
Fixe mon noeud de vie au tissu que tu tiens
Dans ta main, où la main de Notre Père a joint,
L'humain au divin, le germe d'homme à la Vie,
Sauve-moi de la peur, mer de mort à la vague
Qui toujours revient enrouler dans sa langue,
Mon coeur priant pour soi d´une prière exsangue !
Ce coeur ! diamant sourd, et sale, et seul dans sa gangue,
Que mon frère s´y creuse un refuge à la dague !
Donne-moi la grâce de savoir Te prier !
Que ma vie ne soit la plaine fade, sans heurts,
Ce jardin nocturne et morne des Oliviers,
Où pas une épaule ne s'offrit pour Tes pleurs ..."
Feuille morte tombée de l´arbre de la croix,
Combien de temps ai-je été veillée des apôtres
Pleurant là sans fierté, sans me cacher des autres,
Au pied de mon gisant, à l'ombre de ma croix?
Cette heure a duré le temps de toute ma mort
Et de toute ma vie, un temps d´arrachement.
Désormais d´aucun pays je ne suis plus l´enfant,
J´ai trop souffert de toi, France que j´aime encore !
J'ai quitté l´ambassade du ciel, mon église.
La place au petit jour se teintait de vieux rose,
Et d´ombres violettes comme des échymoses
Dans les Laudes latines chantées par la brise ...
Dehors, le bleu du ciel tout a coup a giclé
Dans un jus de lumière sur les nuages blancs,
Comme un sang frais jailli d'un épais pansement,
Et j'ai pris le temps par le cou de la journée,
Ma volonté, quand j'avais les larmes aux yeux
A fondu sur ma vie comme un oiseau de proie,
J´ai marché vers le soleil, grand glaçon de feu,
Ma France, loin devant, sans un regard vers toi.
14:51 Publié dans Poésie sacrée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

